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 Tant que le coeur bat.

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cha-pline
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MessageSujet: Tant que le coeur bat.   Dim 7 Sep - 17:01

C'est avec un énorme plaisir que je vous annonce que je viens de mettre le point final à mon second bouquin. Reste les corrections, recorrections, réécritures, changements et autres petites broutilles, mais le plus dur est fait et j'en suis sérieusement heureuse. J'aurais mis 6 mois à l'écrire, sachant qu'il est 2 fois 1/2 plus long que Knarf.
Enfin bref, pour l'occaz', je vous poste le second chapitre que vous pourrez corriger et critiquer à tout va !
Bonne Lecture si vous en avez le courage !

Pour les retardataires : le premier chapitre est Ici. Je sais, j'ai tendance à m'éparpiller partout ! geek
Bien entendu, la mise en page est absolument affreuse, je vous laisse le soin d'imaginer les alinéas et tout et tout...(et en plus de poster des trucs de quinze metres, elle fait pas l'effort que ce soit agréable ! ...)


II



Emilie se glissa sous la couette dans les alentours de deux heures du matin, comme à son habitude. Voyant que je ne dormais pas, elle se colla à moi et m’embrassa dans le cou. Je la pris alors dans mes bras et son instinct féminin lui dicta que quelque chose n’allait pas.
- Il y a un problème ? me demanda-t-elle avec toute la compassion du monde.
C’est peut-être parce que j’étais à bout de nerfs que j’émis un grognement en guise de réponse. Erreur. Surprise, elle se leva et ralluma la lumière.
- Arrêêêête…pleurnichai-je. Eteins ça ! Ou alors ne viens pas te plaindre quand on t’annoncera que je suis devenu aveugle…
- Michael, qu’est-ce qui ne va pas ? reprit-elle d’un ton grave.
- Rien du tout, ça va très bien. Maintenant éteins ça !
- Ne me prends pas pour une poire, je sais que tu es contrarié.
- Ah ouais ? Et comment tu le sais ? Il y a marqué « aujourd’hui, j’ai eu une journée de merde » sur mon front ?
- Ca va bientôt faire trois ans que l’on est ensemble et ce n’est pas une nouveauté, très cher, que tu joues très mal la comédie. Donc soit tu me dis ce qui cloche, soit tu te lèves toi-même pour éteindre cette lampe.
- Bon, très bien, cédai-je. C’est juste que j’ai une forte tête qui commence déjà à m’agacer dans l’une de mes classes. Et ce n’est que la rentrée…
- C’est tout ?
- Oui. Alors heureuse ?
- Bien, bien..
Elle éteignit la lumière et vint se blottir près de moi. Elle s’endormit très vite. Je continuai à fixer un point dans le noir de la chambre. Les ombres semblaient se déplacer, ma respiration et mon rythme cardiaque s’accéléraient. J’étais pathétique. Vraiment pathétique. Puissamment pathétique. Pour les plus curieux, voilà à quoi ressemblait l’intérieur de ma tête : un mélange subtil d’asphyxie, de détresse, de peur et de tristesse, le tout enveloppé dans une couche de passion inexplicable.
Cette nuit là fut le commencement d’une trop nombreuse série de nuits blanches. Je pouvais compter les moutons, multiplier leurs nombres de pattes, compter les taches sur le mur, les vaches, les grains d’herbe, les pétales d’un champ de marguerite ou le nombre de chaussures d’Emilie, rien n’y faisait. Je ne fermai plus l’œil de la nuit. Pourtant, la vie continuait inlassablement. Les journées se ressemblaient toutes, les heures, les minutes et les secondes paraissaient identiques. J’avais de plus en plus de mal à tenir mes classes, je n’arrivais plus à crier. Mes cours devenaient de moins en moins vivants, je voyais les élèves hurler sans retenu. Emilie se montrait de plus en plus pressante, me demandant des « Est-ce que tu m’aimes » fréquemment. Mon petit paradis avait pris un arrière goût d’enfer.
J’étais devenu mélancolique. A forces rechercher des réponses, j’avais oublié les questions. Même la présence d’Opale m’indifférait. Au second cours, je fis mine que rien ne s’était passé, qu’elle ne m’avait jamais récité du Anouilh comme seule défense. Durant cette heure, elle chercha à croiser mon regard à plusieurs reprises. Je le fuyais et continuai ma leçon avec platitude. Elle se remit alors à fixer la carte et je la laissais faire. Après tout, qu’y pouvais-je ? Je m’étais efforcé de faire d’elle une élève lambda. Je pensais avoir réussi mais j’eus bien tord et c’est ce que j’appris plus tard. A trop vouloir prendre du recul avec les choses, j’étais devenu incapable de revenir dans le vif du sujet.
Les mois se suivirent sans aucun remous de ma part et mon spleen allait en s’accroissant. C’était comme si j’avais été vidé, la perte de mon sommeil en était certainement responsable. Opale passait tos mes cours à griffonner dans un carnet gris, les autres élèves étaient soit allongés sur leurs tables, soit en train de rire avec leurs voisins. Dans ce métier, on se fait vite dépasser, et la course est trop rapide pour les personnes à la traîne. Pas de pitié pour les perdants. Je n’avais ni la force ni l’envie de les reprendre. Je me contentais de les coller, un par un. Ils devinrent plus sages, j’en devins plus aigris. La vie ne m’apportait aucune joie. J’en venais à mépriser mon boulot, les gens qui m’entouraient, mes collègues avec simplement le mot CAMIF à la bouche, mes élèves devenus de vrais cancres, Emilie. Je m’éloignais d’elle, ne partageais plus rien en sa compagnie. Je faisais semblant de dormir à son retour et me levais tôt le matin pour ne pas la croiser. J’éprouvais un profond dégoût à la voir dormir. Sa peau mate et ses cheveux tressés me parurent fades et ses yeux devinrent pour moi inexpressifs, à l’image d’un bovin regardant passer un Eurostar. Elle voulait s’engager et je sais que l’idée d’avoir un marmot la travaillait. Entre les intercours et pendant les récréations, je m’asseyais à la fenêtre et regardais les lycéens vivre. Ils riaient, lisaient, s’embrassaient, parlaient… Il me semblait si loin ce temps.
Un matin de décembre, en entrant dans ma salle, je découvris une corde de pendu sur mon bureau. Je craquai. Je courus aux toilettes pour vomir et pour pleurer. Pleurer l’amertume qui me servait de globules rouges, pleurer la vie pesante qui surplombait mon cœur, pleurer le doute en moi et ma crise de la trentaine. Comment en étais-je arrivé là ? Je n’avais pourtant jamais cédé à la panique. Je n’avais jamais pleuré comme une madeleine au fond d’un cabinet souillé. Ma vie était devenue un vrai cauchemar. Je tentais bien évidemment de me voiler la face, de me dire que ça passera demain. Je me fis donc porter pâle ce jour là et rentrai chez moi.
J’eus le désagrément de voir qu’Emilie n’était pas encore partie. Pour ne pas qu’elle me harcèle de questions, je prétextai une migraine et lui demandai explicitement qu’elle me foute la paix. Elle partit les larmes aux yeux, me jetant un dernier appel au secours, ce à qui je répondis en verrouillant la porte dès qu’elle eut mis les pieds dehors.
Je ne savais plus où j’en étais. Si c’était la crise de la trentaine arrivant ou mon travail. Si c’était la peur de partager ma vie avec Emile pour toujours, si c’était la peur de la monogamie, si c’était la peur de l’avenir et du vide qu’il représentait pour moi, si c’était la routine qui commençait à s’installer et qui m’effrayait. Je ne crois pas en la psychologie et aller voir un psy était pour mot admettre le fait que j’étais devenu fou. Il en était hors de question. Jamais de la vie. Je n’irai pour rien au monde m’asseoir à côté d’un suicide multirécidiviste, d’une mère dépressive, d’ados en crise ou de rombières ne sachant où passer leur temps.
Ma vie ressemblait à un brouillon d’écrivain, et il était tellement raturé qu’il en était devenu illisible. Je ne savais que faire ni où aller, mais je devais partir. J’allais me faire un petit week-end de trois jours, c’était nécessaire. J’entrepris de faire une valise sommaire, grattait un mot égoïste à Emilie : « Je pars et je reviendrai mais je ne sais pas quand. Ne m’attends pas, je m’appelle pas, je dois faire le point sur toi, sur moi, sur ma vie. Je reviendrai : la preuve, j’ai laissé ma carte bancaire et le double des clefs de la voiture. @+ Mic. »
Aucun « Je t’aime », aucun « Je pars pour mieux revenir ». Aujourd’hui, je prends conscience combien ça a dû être difficile pour Emilie de vivre avec moi cette période. C’est au moment où j’allais chercher mon chéquier qu’on frappa à la porte. J’allais, d’un pas lourd et nonchalant, ouvrir, pensant au facteur. Mais lorsque la porte fut ouverte, il n’y avait personne. Simplement une enveloppe posée par terre. Il n’y avait plus personne dans le couloir. J’entrepris de déchirer cet étrange dépôt. Il contenant un billet pour une pièce de théâtre. La représentation avait lieu le soir même, dans une grande salle, à une demi-heure de la maison. Persuadé qu’il s’agissait d’un cadeau d’Emilie, je lui envoyai un SMS de remerciement avant de partir. Je reçus sa réponse dans l’heure suivante : « Ou é tu ? De quel piece parl tu ? Appel moi. » Surpris, je me demandai pendant un court instant qui avait pû être l’auteur de ce cadeau, puis prit l’autoroute. Em’ m’appela quatre fois en une heure. Une première me demandant gentiment de la rappeler, une seconde fois, mais plus méchamment. Au troisième appel, elle menaça de me quitter si je ne répondais pas. A son dernier coup de fil, elle s’excusait de s’être emportée et affirmait qu’elle m’aimait. Cette oppression avait provoqué l’inverse de l’effet désiré. Plus elle m’appelait, plus je la détestais. Il fallait qu’elle arrête si elle ne voulait pas que j’aille faire une déclaration de perte à la banque. Heureusement, elle cessa.
Je roulais ainsi une bonne partie de la matinée, sans vraiment savoir où aller. Je finis par m’arrêter en pleine campagne et m’allongeai dans un champ. Le fermier ne tarda pas à débarquer et après une brève conversation, il m’autorisa à rester. Je m’endormis sous un soleil étonnamment éclatant pour cette période de l’année. Ce fut deux heures plus tard que l’agriculteur, qui s’appelait en réalité Edouard et qui devait avoir une cinquantaine d’années, me réveilla pour me proposer de manger un morceau. J’acceptai volontiers, mon ventre criant famine depuis huit heures le matin.
Malgré son prénom de bourgeois, Edouard était d’une simplicité étonnante. Il vivait seul, au beau milieu de ses champs. Sa maison était à son image : grande, caustique et dégageant un calme presque angoissant. Il me servit la meilleure ratatouille au monde et commença à m’interroger. Brièvement, je lui contai ma situation qui sembla le passionner.
- Vous savez jeune homme, me dit-il, les citadins névrosés qui cherchent une sortie de secours à la campagne, j’en vois tous les jours.
Alors comme ça j’étais un névrosé. Quelle idée stupide, j’allais parfaitement bien. Il m’assura du contraire. J’expliquai alors dans tous les détails le début de cette année, tels que vous les connaissaient déjà. Un long silence suivit mon long monologue. Edouard alluma une cigarette en buvant son café.
- Elle s’appelle Opale n’est-ce pas ?
Je fus très surpris de cette réponse. Primo, mes élèves n’étaient, et n’avaient jamais été la cause de mes problèmes. Secondo, je n’avais jamais appelé Raphaëlle par son surnom face à ce paysan.



SUITE MESSAGE SUIVANT CAR TROP LONG.
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MessageSujet: Re: Tant que le coeur bat.   Dim 7 Sep - 17:01

- Je vous demande pardon ?
- C’est Opale n’est-ce pas, cette élève dont vous me parlez ?
- Je…Je suis navré, mentis-je, je ne connais pas d’Opale, vous devez confondre avec une autre personne.
- Jeune homme, je connais très bien Opale et vous savez pertinemment que je parle de Raphaëlle Ranier.
Bouche bée. Scié. Epoustouflé. Ebahi. Comment ce type, reculé comme il l’était, pouvait-il connaître cette fille ?
- Je…Mais….Comment….Qui ?
Trop de questions se bousculaient dans mon esprit et aucune phrase audible ne pu sortir de ma bouche. Edouard s’en aperçu, se leva et tira d’entre les livres de cuisine un album photos. Il en sortit deux photos et les posa sous mon nez. C’était elle. C’était elle, à cheval, un chapeau de cow-boy sur la tête, un sourire éclatant de bonheur. Je ne l’avais jamais vu ainsi et c’était la première fois que je pouvais observer son visage illuminé par un bonheur certain. Je suis certain qu’Edouard vu ma stupéfaction et la passion grandissante dans mon regard. La deuxième était un gros plan de son visage, en noir et blanc. Elle avait un petit sourire imperceptible, mais on voyait qu’elle était heureuse par le regard flamboyant qu’elle jetait à l’objectif. Son nez, légèrement retroussé, laisser deviner un épanouissement certain et ses cheveux tombaient en cascade sur ses épaules dénudées. Ce portrait était sublime et si j’avais pu, j’aurais mis le feu à la maison pour pouvoir fuir avec ces deux photographies. Une chaleur épouvantable me traversa de part en part, et des gouttes de sueur se mirent à perler sur mon front. Mes mains se mirent trembler et lorsque le paysan les rangea, j’eus une furieuse envie de l’assommer et de pleurer.
- Alors, dit Edouard, vous la connaissez ?
- Oui, bien sûr, répondis en tentant de me contrôler. Oui, c’est l’une de mes élèves.
- Elle est belle n’est-ce pas ?
- Pourquoi me demandez-vos cela ? m’offusquai-je.
- Mais ce n’était pas un reproche, c’était un constat. Opale est une beauté rare.
- Il est vrai qu’elle dégage quelque chose d’inhabituel, déclarai-je politiquement correctement, mais c’est une élève..
- C’est également la responsable de vos tracas
- Je vous arrête tout de suite, elle n’est en rien responsable de mes problèmes personnels. Et puis, comment connaissez-vous Raphaëlle ?
- C’est une très longue histoire. Disons plutôt que c’est une habituée. Cela doit faire cinq ans qu’elle vient passer ses week-end ici, à flâner dans les champs. Parfois, elle m’aide à entretenir les fleurs mais le plus souvent, elle s’allonge à l’endroit même où vous étiez tout à l’heure. Je suis venu voir pourquoi elle était là au lieu d’être à l’école et je vous ai découvert. D’habitude, les gens montent la côte et restent un après-midi entier allongé au soleil. La vie est pleine de romantiques, si vous saviez…
- Mais où sont ses parents ? Je veux dire, elle n’a que dix-sept ans…
- C’est aussi une longue histoire, elle vous racontera ça un jour, et beaucoup mieux que moi. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’ils lui envoient de l’argent pour payer son appartement, même si elle a un revenu honorable pour son âge.
- Des revenus ? Raphaëlle travaille le soir ?
- Elle ne vous l’a pas dit ?
- Non ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?
- Je ne peux vous en dire plus alors.
- Comment ça ?
- Elle vous le dira au moment venu..
- Comment le savez vous ?
- Parce qu’elle m’a parlé de vous.
Elle avait parlé de moi. Ils avaient, ensemble, probablement assis à la même place, avec la même tasse au creux des mains, parlé de moi comme nous étions en train de le faire à son propos. C’était irréel. Je quittais tout le temps d’un après-midi pour tomber sur le père spirituel de Raphaëlle qui m’apprenait qu’elle était issue d’une famille qui sort de l’ordinaire, au point qu’elle doive travailler la nuit pour mener un train de vie convenable. Les pires scénarios défilèrent dans ma tête. J’imaginai sa blancheur maquillée à outrance, pour faire en sorte de cacher son air de petite sainte. J’imaginai l’air de musique sur laquelle elle devait se trémousser, en tournant autour d’une barre en fer dans une boite de Strip-tease. J’imaginai ensuite de gros beaufs se tripotant tout en matant son regard si imaginaire. Et soudain, je pris conscience qu’Edouard était peut-être l’un de ses clients. Une angoisse inimaginable m’envahi et je renversai le reste de mon café sur la table. Le paysan nettoya le tout immédiatement mais je ne pus sortir cette horrible pensée de mon esprit. Chaque geste qu’il faisait prenait une connotation sexuelle, et le simple fait de le voir essuyer la table en faisant des gestes circulaires me donna la nausée.
- Vous êtes l’un de ses admirateurs ? risquai-je avec une énorme boule dans la gorge.
- Oh oui ! répondit-il avec un enthousiasme dégoûtant. Je la vois très souvent, elle est vraiment talentueuse.
- Espèce de…
- Mais elle vous en a parlé alors !
- Je crois avoir deviner de quoi il s’agit, répliquai-je aigrement.
- Vous compter aller la voir bientôt ?
- Non, ce n’est pas mon genre. Je trouve ça honteux et vous êtes un vieux dégueulasse.
Son froncement de sourcils m’indiqua qu’il n’avait pas compris.
- Pourtant, je pensais que les professeurs appréciaient cet art !
- De l’art ? m’offusquai-je, vous osez appeler ça de l’art ? Mais l’art mon bon monsieur, c’est la peinture, c’est la littérature ou le théâtre…En aucun cas cette….danse infâme ne peut être considérée comme de l’art. Vous êtes immonde comme homme.
- Je ne comprends rien à ce que vous dites. Raphaëlle ne danse que très peu dans son dernier spectacle. Peut-être ne l’avez vous pas encore vu. Elle joue ce soir, allez donc la voir, elle n’attend que cela !
S’en était trop pour moi. Ces horreurs déballées comme si l’on parlait de la pluie ou du beau temps…Le simple fait de savoir Opale dans les bras d’un putain de mac, à subir les pires insanités, s’en était trop pour moi. J’allais aller la chercher par la peau du string s’il le fallait, j’allais buter du connard, je devais sauver cette brebis égarée et la remettre dans le droit chemin. J’allais devenir un briseur de réseau pédophile en puissance. J’attrapai mes clefs de voiture et harcelai le paysan :
- Où est-elle ? Où est-elle ? Comment s’appelle le salaud qui s’occupe de son cas ? Où joue-t-elle comme vous dites si bien ? REPONDEZ !
- Oula ! s’exclama-t-il étonné par cette soudaine brusquerie. Faut que vous arrêtiez la caféine jeune homme, vous la supportez pas vraiment. Raphaëlle doit être en répétition en ce moment, au théâtre du Casier. Elle joue Antigone ce soir, mais le metteur en scène ne vous laissera jamais rentrer si vous êtes dans un tel état !
- Au….Thé….Théâtre du Casier ? Ce grand théâtre au nord ?
- Evidemment, que pensiez-vous qu’elle puisse faire le soir ? C’est une graine d’actrice cette demoiselle !
- Elle joue la comédie ?
- La tragédie plutôt. C’est une grande comédienne, je vous assure. Elle ne voulait pas que je vous le dise mais vous aviez l’air tellement hors de vous que…
C’était hallucinant. HALLUCINANT. Raphaëlle, la petite Raphaëlle, une comédienne, une actrice, une tragédienne. Opale était Antigone. Je dus m’asseoir tant le poids de mes idées pesait lourd. Tout concordait. Toutes les pièces du puzzle s’assemblaient petit à petit. Ca alors…Miss Ranier sur les planches.
- Je suis navré de m’être emporté, lançai-je à Edouard. Mais pour tout vous dire, j’avais cru que Raphaëlle faisait plus travailler son charme plus que son talent, si vous voyez ce que je veux dire…
Il explosa de rire. Un rire franc et honnête, un rire qui mit une fin complète à toutes mes suspicions perverses dont il avait été injustement victime. Ce vieil homme était devenu un imbécile heureux. Heureux, et c’était la chose la plus importante ici. Il vivait humblement parmi sa terre et ses légumes, avec des ongles noirs et une moustache blanche qui devenait étrangement marron-café. Jamais, au grand jamais Edouard n’aurait osé approcher Opale, ce fut une certitude. Il m’expliqua qu’il était comme son grand-père et que le seul lien qui les unissait était l’amour de la solitude. C’est alors qu’on entreprit une conversation passionnante sur cette jeune femme si différente. Oui, car elle était belle physiquement, mais elle l’était encore plus intérieurement. Sous ses airs de grande timide casanière se cachait, d’après le fermier, une adolescente naïve et avide de savoir, avide de connaissances, avide de connaître le monde.
- Connaître le monde ? Vraiment ? Mais alors peut-être vous a-t-elle parlé de son désir de disparition, la semaine qui suivrait sa majorité ?
Edouard parut surpris et perplexe.
- Elle vous a vraiment dit ça ?
- Oui, du moins, elle l’a écrit sur la fiche élève que j’ai distribué au début de l’année. Je m’en suis inquiété mais en questionnant les autres professeurs, ils m’ont assuré qu’elle avait rempli toutes les cases correctement, précisant son envie faire de l’humanitaire.
Il ne répondit rien et se contenta de me regarder fixement dans les yeux, en levant bizarrement son sourcil droit. Un sourire inquisiteur se forma sur ses lèvres.
- Quoi ? risquai-je, gêné par ce silence. J’ai une tâche ou quoi ?
Il secoua la tête.
- Eh bien quoi ? Parlez !
- Elle vous aime.
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MessageSujet: Re: Tant que le coeur bat.   Dim 7 Sep - 19:42

La vache!
Tu veux nous tuer?

Bon, Bon, déjà deux petites remarques sur les dix premières lignes:

Instinct féminin ??? Je tenterai plutôt - Je la pris alors dans mes bras et son instinct féminin lui dicta que quelque chose n’allait pas comme elle me sentit absent, Emilie me demanda :

-Tu as des problèmes ?



Oui, alors, heureuse te voilà satisfaite ? Bon, je sais qu’il est deux-fois et demi plus long que knarf mais quand-même. Hein ? Oui, bien entendu, je sors !
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MessageSujet: Re: Tant que le coeur bat.   Dim 7 Sep - 20:05

Mdr....Bon, d'accord, je crois que je vais pouvoir attendre pour d'autres avis alors ! Pas grave, je vous comprends, je suis un peu folle à lier de vous filer quelque chose de si long....(première fois de ma vie qu'on me dit qu'un post est trop long pour être posté.... )

'Fin bref, lisent ceux qui peuvent, les autres....No souci !
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Franck
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MessageSujet: Re: Tant que le coeur bat.   Dim 7 Sep - 20:11

De retour:


J’étais pathétique. Vraiment pathétique. Puissamment pathétique. J’étais pathétique, vraiment pathétique, puissamment pathétique.



Je ne fermais plus l’œil de la nuit.




je voyais les élèves hurler sans retenue



me demandant des « Est-ce que tu m’aimes » fréquemment, me demandant fréquemment des « Est-ce que tu m’aimes ? » Et après « goût d’enfer », j’écrirais « fade ».



A forces de rechercher des réponses



Je m’étais efforcé de faire d’elle une élève lambda comme une autre( ???) Et encore j'aurais écrit " de la voir comme une élève quelconque".


Oui, voilà pourquoi le post est long à mon goût car les suggestions ou remarques font que ce que tu nous demandes est assez difficile. Tu aurais posté un quart à chaque fois, cela aurait été plus simple.

PS: pauvre moustique! C'est une écriture de femme je pense.
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MessageSujet: Re: Tant que le coeur bat.   Dim 7 Sep - 21:24

Une écriture de femme ?

Tu as probablement raison, j'aurais du poster petit à petit (problème de cohérence apres ?), mais je ne cherche pas une analyse approfondie de chaque terme ni de chaque phrase.. Ce serait un boulot monstre sinon, loin de moi l'idée de paralyser votre temps sur mes écrits !
Ce qui m'interesse, c'est plutot la vision d'ensemble, le sentiment ressenti apres la lecture...
Bien que les détails que tu me laisses soient à la fois pertinants et très utiles, ne te casse pas trop la tête sur ce texte...

Au pire, je peux tout rééditer et poster ca bout par bout, ça serait plus simple, non ? Ou alors diviser le texte en plusieurs spoilers...
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Franck
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MessageSujet: Re: Tant que le coeur bat.   Dim 7 Sep - 21:36

Pour la prochaine fois, trente lignes au maximum par post me semble bien si c'est pour une" correction"... Sinon, pour une vision d'ensemble, tu as raison, ce que tu as posté convient en quantité.

Sinon pour le stik et l'"écriture de femme", c'est par rapport à la dernière photo de ton blog. Mais peut-être est-ce un homme...
http://6c.img.v4.skyrock.net/6c7/cha-pline/pics/2003965405_1.jpg
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Mademoiselle K
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MessageSujet: Re: Tant que le coeur bat.   Lun 8 Sep - 16:41

affraid

yaaaaaaahhh pale

My god Cha-pline, n'as-tu aucune compassion pour nous?
Lire sur un ordi fatigue beaucoup plus que de lire sur papier. Enfin bon, j'ai quand même lu, parce que ton écriture est fluide et plutôt agréable. J'ai remarqué quelques fautes d'orthographe, mais Franck le fait tellement bien [ en fait, je me sens pas la force de reparcourir ton post et de relever toutes les fautes ]...
Dans l'ensemble, j'ai bien aimé. Ce n'est pas d'une originalité folle, je dois le reconnaître, mais j'apprécie.

M.K
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Franck
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MessageSujet: Re: Tant que le coeur bat.   Lun 8 Sep - 17:16

Mademoiselle K a écrit:
Cha-pline, my God!

Voyons, voyons... faut pas exagérer non plus... Rolling Eyes

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cha-pline
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MessageSujet: Re: Tant que le coeur bat.   Mar 9 Sep - 19:36

Bon, bon, promis, la prochaine, fois, pas une couche !!
De toute manière, je ne pense pas poster d'autres extraits de ce bouquin...Alors pas de soucis!!! Very Happy
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Franck
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MessageSujet: Re: Tant que le coeur bat.   Mer 10 Sep - 17:45

Je le fuyais et continuai s ou pas s ??? Sans s si tu mets A chaque fois, devant ,



Je m’étais efforcé de faire d’elle une élève lambda, là comme une autre pour éviter la répétition de lambda.



j’eus bien tord avec un t , darjeeling,



revenir dans le vif du sujet. Je ne comprends pas , reprendre le fil de mon cours ?



Opale passait tous mes cours



mes élèves devenus de vrais cancres, Emilie. Je commence à perdre le fil, Emilie, Opale ???



devinrent pour moi inexpressifs le pour moi me gêne, lourdeur ? me devinrent ?


Entre les intercours et pendant les récréations j’enlèverais le et pour Entre les intercours, pendant les récréations,


de me dire que ça passera demain-à ? de me dire : ça passera demain. ou plutôt que ça passerait le lendemain,

Je me fis donc porter pâle ce jour-là et rentrai chez moi. Ou alors ce jour-ci,
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MessageSujet: Re: Tant que le coeur bat.   Jeu 30 Oct - 17:35

Grande nouvelle (pour moi)

Au lieu de m'épuiser sur une dissert de philo, je viens de terminer toutes les corrections de mon roman après moult heures de lecture, relecture, rerelecture....
Je commence à ne plus pouvoir le voir en peinture, ce qui est un bon signe je pense...
Des passages ont sauté, d'autres sont apparus, des fautes ont été corrigées....
Une page qui se tourne !


Allez, je m'en vais travailler un peu, pensez-vous qu'il est y ait des violences légitimes ? jocolor
(Non, ne me dites rien, je dois penser ! )
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Tant que le coeur bat.
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